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Mieux comprendre le COMMERCE EQUITABLE

Au cours de ces dernières décennies, les échanges commerciaux ont connu une formidable croissance. Les bénéfices de cette croissance ont été répartis de manière inégale et se concentrent dans les régions du monde où se trouve le capital financier et industriel. Aujourd’hui, 56 % de la population mondiale vit dans la pauvreté : 1,2 milliard de personnes vivent avec moins de 1 $ par jour et 2,8 milliards avec 2 $ par jour. On estime par ailleurs que 70 % des individus les plus pauvres de la planète vivent en zone rurale et sont tributaires de l’agriculture.
Pour proposer une alternative à ce problème, le commerce équitable est apparu au milieu du siècle dernier.

Le commerce équitable est avant tout une autre démarche de consommation dont l’objectif est, à terme, de modifier profondément les règles de l’échange entre le Nord et le Sud.
Il est fondé sur des principes qui doivent permettre aux producteurs de vivre dignement de leur travail :

- relations de longue durée ;
- prix stables pour ne pas dépendre de l’arbitraire du marché ;
- préfinancement de la production pour éviter les usuriers ;
- respect de l’environnement et de la justice sociale ;
- transparence financière ;
- fonctionnement participatif et démocratique ...

La notion de durée est très importante dans le commerce équitable. En effet, c’est la possibilité de gérer son exploitation à long terme, de s’assurer un prix de vente constant sur plusieurs années qui permet aux petits producteurs se développer.

Le commerce équitable représente 0,01 % du commerce international. Il touche 800 partenaires commerciaux dans 45 pays différents, 800 000 familles de producteurs soit 5 millions de personnes (source EFTA (European Fair Trade Association).
En France, en 2004, 56 % des français déclaraient avoir entendu parler de commerce équitable contre 9 % en 2000 (sondages Ipsos)
Aux Pays Bas, le café équitable représente 2,5% du marché, et la banane 5%, en Suisse, ces chiffres sont respectivement de 5% et 23%.
Les produits alimentaires représentent environ 60% du chiffre d’affaire des produits relevant du commerce équitable. Le café représente 50% de ce chiffre.

Les producteurs
sont issus de pays ou régions défavorisés. Ils sont organisés en fonctionnement collectif, démocratique et transparent (coopérative, groupement, etc.). Ils doivent agir en faveur du développement humain durable (social, économique, environnement) et assurer des conditions de travail et de rémunération décentes

Les organismes de commerce équitable
fournissent un accès direct et régulier au marché européen en évitant le plus possible les intermédiaires classiques et les spéculateurs. Ils payent un prix équitable : supérieur au cours mondial. Ce prix couvre tous les coûts de production (environnementaux, sociaux...), assure un niveau de vie décent et permet aux producteurs d’investir. Ils permettent également un préfinancement des activités ainsi que des délais de paiement réduits. Ils s’engagent à long terme sur la transparence de toute la filière productive

Les principaux organismes gérant le commerce équitable sont :
- IFAT (International Federation for Alternative Trade)
Crée en 1989, l’IFAT est un réseau mondial de plus de 200 FTO dans 55 pays du Nord et du Sud.

- EFTA (European Fair Trade Association)
Réseau créé en 1990 de 11 centrales d’importation dans 9 pays européens. EFTA se veut un outil de coopération concrète entre ses membres et travaille avec plus de 400 groupements de producteurs en Asie, Afrique et Amérique Latine.

- FLO (Fair trade Labelling Organizations)
La Fédération des labels de commerce équitable rassemble les différentes organisations labellisant les produits de commerce équitable. Leur responsabilité centrale est de collecter les données et assurer des audits de tous les produits équitables labellisés, du producteur au supermarché. Un de leurs objectifs est d’introduire un label international de commerce équitable unique.

- NEWS ! (Network of European World Shops)
News ! coordonne la coopération entre les magasins du monde en Europe de l’Ouest. Le réseau est constitué de 15 associations de magasins du monde dans 13 pays différents, représentant environ 2500 magasins.

En 1998, ces quatre structures ont constitué un réseau informel international pour coordonner leurs actions, appelé FINE (acronyme de la première lettre de chacune d’elle).

Distribution

Les produits issus du commerce équitable sont distribués selon deux voies, suivant les « valeurs » qu’ils défendent.
Une branche du commerce équitable revendique un mode de consommation nouveau, plus responsable, et rejette la grande distribution. Ces produits sont donc vendus dans des magasins et réseaux spécialisés. (ex. : artisans du monde, biocoop).
Une autre idée est qu’il faut vendre le plus de produits possible pour soutenir un maximum de petits producteurs. Ces produits sont donc pour la plupart vendus dans la grande distribution

Pour s ‘assurer de la qualité d’un produit du commerce équitable, des systèmes de certification sont mis en place :

- Label
« Signe de reconnaissance, propriété des pouvoirs publics, attribué par un certificateur après vérification du respect d’un cahier des charges établi par cette même autorité publique. ». ex, label bio. Les critères du commerce équitable sont peu à peu en train d’être harmonisés au niveau international. Il n’existe donc pas encore de label « Commerce équitable »

- Marque privée à usage collectif
« Signe de reconnaissance de la spécificité d’un produit accordé par une instance autre que le producteur lui-même, notamment par une association dans le cadre d’une action militante de défense d’intérêts environnementaux et sociaux. Max Havelaar, Nature et Progrès et Apur ont ainsi créé des marques privées à usage collectif. ».

Thierry Bargel